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La semaine passée, Lucas nous a présenté en quoi notre façon de nous alimenter était intimement liée à notre histoire et notre culture. Cette semaine, je vais vous détailler la différence entre s'alimenter et se nourrir.


Au sommaire :

Quand on parle de nutrition, de quoi parle-t-on ?

On parle en fait d’un ensemble d’éléments qui ont pour but de correctement nourrir nos cellules, ces petites unités qui nous constituent. Et nous pouvons considérer être bien nourris quand toutes ces cellules, quelle que soit leur localisation (foie, cerveau, muscles …) ont obtenu tous les éléments (on parle de nutriments) qui leur permettent de fonctionner au mieux.

Quel chemin entre les aliments et la nutrition ?

Les aliments, tout le monde voit ce que c’est : les carottes, les choux, les pommes, la viande et le poisson … Ils sont composés de macroéléments : les lipides (les graisses), les protides ou protéines et les glucides (les sucres, au goût sucré ou non (les féculents)), et d’oligoéléments (minéraux tels que magnésium, calcium, fer…) et vitamines (A, groupe B, C, D, K …). Et bien sûr de l’eau.

Une fois digérés, ils nous fournissent des nutriments : des acides aminés pour les protéines, des acides gras (les fameux omégas 3 par exemple !)  pour les graisses et du glucose pour les glucides.

Pour que nos petites cellules soient bien nourries, il y a au moins 4 aspects qualitatifs à prendre en compte, et les aspects quantitatifs.

Je passe rapidement sur les aspects quantitatifs. Tout bébé qui nait sait quand il a faim et quand il n’a plus faim ! Il y a en effet des mécanismes bien rodés qui nous informent d’un manque de nutriments et déclenchent la faim, et d’autres qui, lorsque notre ration est correcte, nous indique la satiété. Pour autant, des phénomènes de dérégulation existent et certaines personnes ne savent plus qu’elles n’ont plus faim, phénomènes heureusement rarement pathologiques.

Nous allons considérer dans la suite de cet article uniquement les aspects qualitatifs. Important, la qualité de notre alimentation ! On imagine difficilement une voiture qui va durer de longues années, sans matériaux fonctionnels et durables. Que serait un véhicule, en carton, avec des assemblages en mauvaise ficelle ? Pour notre corps, toute exagération éliminée, c’est la même chose.

La qualité des aliments

C’est le point de départ de la chaine. De nombreuses études démontrent que l’agriculture intensive a détruit les sols et fortement diminué les minéraux dont les végétaux ont besoin pour croitre. D’où les indispensables engrais. Sauf que dans les engrais, ne sont présents qu’un certains nombre de ces minéraux. De ce fait, force est de constater la moindre qualité des végétaux actuels, appauvris en oligoéléments et vitamines. A l’inverse, on peut fort bien retrouver dans notre assiette des éléments non nutritifs que les végétaux et les animaux contiennent : des pesticides, des antibiotiques, voire des hormones…

Les agriculteurs en biologie, labellisés ou non, s’efforcent de reconstituer la qualité des sols pour ramener la qualité dans notre nourriture. N’oublions pas également, que de la qualité des végétaux va dépendre la qualité de la viande, puisque les animaux d’élevage sont pour la plupart végétariens.

Ces mêmes végétaux et animaux ou leurs sous-produits (lait, œufs, huiles …), une fois passés par les rouages des usines de l’agro-alimentaires pour raffinage, transformation, surcuisson… ont perdu la quasi-totalité de leurs qualités nutritionnelles. Et quand ils sont cuisinés sous forme de plats préparé, je ne vous apprendrai surement pas qu’ils sont enrichis en sucres, gras, colorants …

La qualité de la cuisson

Vous ne le savez peut-être pas, mais plus la cuisson est longue, à température élevée, plus elle est destructrice. Par exemple, les vitamines C et celles du groupe B sont détruites à partir de 60 °C et les autres dès 100 °C. Au-delà de 80°C, la plupart des minéraux ne sont plus assimilables par le corps.

Il est donc important d’amener des fruits et légumes crus ou faiblement cuits pour avoir minéraux et vitamines dans sa ration quotidienne. A l’inverse, manger frits, en conserve réduit considérablement ces apports.

La qualité de nos appareils digestifs

Je sors un peu du sujet. En même temps, pour bien nourrir le corps, il est essentiel que l’appareil digestif soit en bon état, à savoir capable de réduire les aliments en nutriments, faire le tri de ce qui est utile et de ce qui est de l’ordre du déchet, voire du toxique afin de l’éliminer, et ne faire pénétrer dans le sang que ce qui est utile et nécessaire à nos cellules.

La qualité de nos repas

J’entends par là, la façon dont nous mangeons : dans le calme, attentionné à notre assiette et à notre mastication ? En train de discuter ou d’écouter la télé et incapable de se souvenir ce que vous avez bien pu mettre dans votre bouche ? Préoccupé ? En stress ?

Se nourrir se joue aussi sur notre capacité à être présent à ce que nous mangeons, à mastiquer pour favoriser dès le départ notre digestion et enfin pour se laisser savoir que nous sommes rassasiés.

La nutrition à obe

Nous la retrouvons à la fois comme support dans les différents ateliers et journées à thème (voir Nos actions ou Notre programme) , et aussi dans l’exigence de qualité des repas qui sont servis au cours des journées, séminaires et séjours.

La connaissance du fonctionnement de l'organisme, savoir se positionner entre les besoins physiologiques et son mode de vie, participe à développer une posture plus respectueuse de son corps dans le domaine de l'alimentation. 

Pour cela, naturopathe et cuisinier collaborent étroitement pour sélectionner les produits frais et de saison et concevoir des plats et menus respectueux des personnes présentes. D’ailleurs, à chaque inscription il est demandé si des restrictions alimentaires sont à prévoir.

Notre choix de lieux exceptionnels est intentionnel aussi dans le cadre de la nutrition : ces lieux  permettent d’être dans le calme, calme également prévu avant et après pour favoriser la meilleure disposition d’esprit possible pour prendre le repas et digérer de façon optimale.

 

En conclusion, la qualité nutritionnelle passe par le respect du produit depuis son origine jusque dans l’assiette, la consommation d'aliments naturels et consommés frais dans sa saison, se nourrir selon ses capacités à digérer, prendre ses repas sans stress fatigue ou contrariété, mais au contraire avec plaisir et sans frustration ! 


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Rédacteur
Isabelle JAMIN