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La semaine dernière, je vous ai laissé en présence de la pyramide des besoins de Maslow (1943) appliquée au champ professionnel. L'idée était de vous laisser réfléchir à quel(s) besoin(s) correspondait la cause d'un arrêt maladie . Aujourd'hui, je vais m'attarder sur les conséquences d'un arrêt maladie et d'une ALD.


Poursuivons sur d'autres enjeux qui peuvent traverser le vécu du salarié en arrêt maladie de longue durée et influer sur la vision de son emploi et son retour. Cette réflexion se fait toujours en lien avec la satisfaction des besoins :

  • Les besoins satisfaits par la dimension professionnelle diminuent graduellement à travers le temps. Ainsi plus l'absence dure et plus il y a de chance que le salarié se perçoive insatisfait dans son poste, l'insatisfaction n'étant plus contrebalancée par d'autres aspects comme la dimension pécuniaire par exemple.  
  • La durée de l'absence a un rôle d'amplification de la dissonance entre l'employé et son poste. En effet, lorsqu'il arrive dans une entreprise, le salarié a des attentes et une vision de son poste et de ses compétences. Il y a nécessité d'un temps d'adaptation  non seulement au poste, mais aussi au mode et au rythme de fonctionnement de l'entreprise. Le temps de l'arrêt maladie peut permettre au salarié de faire un pas de côté et faire émerger des attentes différentes de celles qu'il envisageait à son arrivée ou avant son arrêt. Comme on l'a vu dans l'article sur les ALD, sur ce temps là, il existe des dispositifs légaux pour permettre au salarié d'établir d'autres projets professionnels. 
  • La non-considération par l'employeur du motif qui pousse le salarié à l'arrêt maladie a une importance considérable. Si l'arrêt est justifié par un climat social ressenti comme dégradé par le salarié, une charge de travail excessive, un écart entre les perspectives de l'entreprise et celles du salarié, … alors sans dialogue avec son employeur, le salarié a peu de raisons de se projeter positivement dans un retour en poste. 
  • La dépendance financière du salarié vis-à-vis de son employeur. L'aspect pécuniaire du salariat est une dimension à ne pas négliger puisqu'elle est une composante législative des arrêts maladie. Les indemnités peuvent être versées jusqu'à trois ans après le début de l'arrêt. Il est facilement compréhensible que pour un salarié en arrêt, à l'issue de ces droits, il peut éprouver des difficultés à se projeter dans un retour en poste si seule la perspective financière est présente. 

Il est évident qu'au-delà de ces enjeux, d'autres éléments sont associés à un arrêt maladie, comme la culpabilité de s'être mis en arrêt que ce soit par rapport à sa représentation de la valeur du travail, ou bien vis-vis des collègues qu'on a laissé. On pourrait également parler de ces entreprises dont la culture ne reconnaît par l'arrêt maladie pour ce qu'il est avec des phrases comme « «l'arrêt maladie c'est un peu comme si tu étais en vacances » qui majore la dissonance, … 

Certains de ces éléments vont aller dans le sens d'une fin de contrat entre le salarié et son employeur. Il existe plusieurs modalités telles que la  rupture conventionnelle, le licenciement ou la démission. A contrario, lorsque le dialogue est favorable entre les attentes deux deux parties, des aménagements de postes et / ou du temps de travail, des relocalisations peuvent être envisagés pour permettre à chacun d'être satisfait et impliqué. 

Nous arrivons à la fin de cet article sur les conséquences d'un arrêt maladie de longue durée pour un salarié vis-à-vis de son employeur. J'ai souhaité rester à de l'information de première intention et en même temps envisager les choses de manière large. Je conclurai en insistant sur l'idée que salarié et employeur ont une responsabilité mutuelle dans le contrat professionnel qui les lie.


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Rédacteur
Lucas DOLLINGER