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La notion d'écoute active de Carl Rogers ( Partie 2/2)

Article

Auteur : Lucas D.

La semaine dernière, nous avons vu que l'approche de Carl Rogers, le père fondateur d'un courant de thérapie nommée “thérapie centrée sur la personne" repose sur un triptyque : la congruence, l'empathie et le regard positif inconditionnel de l'autre. Aujourd'hui, l'article se propose de s'attarder plus largement sur ce troisième aspect, la considération positive inconditionnelle.


La considération positive inconditionnelle

Il s'agit d'être pleinement présent et attentionné à l'Autre. C'est une invitation à penser, à réfléchir à sa propre posture lors d'un échange communicationnel. 

Dans la représentation de Carl Rogers, cette considération positive inconditionnelle à l'égard d'autrui a pour objet de percevoir son interlocuteur comme nécessairement compétent. Il sait pourquoi il me dit cela, il connait la signification des termes qu'il emploie, il est le seul à pouvoir estimer en quoi et comment tel ou tel sujet est important pour lui …. Autrement dit, lorsque cette personne s'adresse à moi,  son intention a un sens, les mots sont choisis et son choix de partager cela avec moi est le fruit d'une volonté et/ou d'une nécessité. Il est alors de ma responsabilité dans un premier temps de considérer cette démarche, puis son propos, affranchi de toute lecture éthique, morale ou sociale. Dans l'exemple de la semaine dernière sur la congruence, dans lequel un responsable accueille le propos de son salarié tout en rédigeant un mail tourné vers son ordinateur, considérer la parole du salarié, c'est se tourner vers lui physiquement, et interrompre momentanément toute activité annexe pour se centrer sur son propos. 

S'en suit une attitude relationnelle forte pour Rogers, la position basse. Après s'être rendu disponible pour écouter autrui, il s'agit de ne rien lui présupposer. Dans la culture collective occidentale et durant les parcours scolaires occidentaux, la question du pourquoi et de la causalité, inscrite par la démarche scientifique, est très ancrée. La position basse vise à s'affranchir en partie de cette manière de penser. Ainsi lorsque je considère Autrui comme sujet à part entière, il convient que je n'affirme rien à son égard sans qu'il ait pu le confirmer. Cela implique, lorsque je m'adresse à lui, que dans mes formulations je lui signifie mes doutes, mes hypothèses en lui laissant la possibilité de pouvoir les confirmer, les infirmer ou les corriger. 

S'exprimer à la première personne est ainsi nécessaire (y compris si je fais partie d'une équipe dans le cadre professionnel), puis user de verbes, de conjonctions … qui marquent la volonté de ne pas interpréter. Par exemple “je crois que …”, “si je comprends bien …”, “que dois-je entendre par là ?”, “pour moi, cela ne me semble pas …”, … 

D'un point de vue relationnel, cette attitude favorise le sentiment pour mon interlocuteur d'être accueilli dans son modèle du monde

La bienveillance 

La dernière notion évoquée la semaine dernière réfère à la notion de bienveillance, une notion difficile à définir.  

Le terme de «  bienveillance  » est dérivé des termes latins bene et volens, et l'étymologie propose déjà une première compréhension : Bene signifiant «bien» et Volens, étant le participe présent de «volo», la «volonté»,  en regroupant ces deux racines, on arrive à la définition de bienveillance comme étant vouloir du bien.  

(A noter que le terme bénévolat est également issu de cette étymologie.) 

Au regard des religions, le terme de bienveillance se rattache à la notion d'amour dans le christianisme , est dérivé du sanskrit « amitié » pour le bouddhisme, et enfin, se trouve  sous le principe moral de l'ahimsa, littéralement la « non-violence » pour l'hindouisme.

A partir de ces éléments, nous pouvons définir le principe de la bienveillance comme une volonté du mieux à l'intention d'autrui, ou encore la mise en place de toutes dispositions afin de ne pas lui nuire. En conséquence, la bienveillance, dans le cadre d'une conversation, va éviter les formulations explicitement ou implicitement blessantes. Elle consiste à parler de Soi et non à la place de l'Autre, à être précautionneux sur les mots choisis et les intentions de sens (par exemple; "je m'adresse au professionnel et non à la personne que tu es"). Il s'agit également de reconnaître l'Autre dans sa singularité, dans ses compétences, et les souligner "j'apprécie que …", "je trouve que c'est une vrai qualité que tu as de …".

Ainsi se termine l'article sur les apports de Carl Rogers. Cette manière d'être à l'autre colore la pratique de nos intervenants au sein d'Obe (Objectif Bien-être). 

La semaine prochaine, nous irons puiser des éléments d'un autre courant de pensée en psychothérapie dans le champ des approches dîtes "systémiques" avec les apports de l'école de Palo Alto. 


Source·s :

www.lepsychologue.be - Accès à l'article source
www.youtube.com - Accès à l'article source
www.eveprogramme.com - Accès à l'article source
fr.wikipedia.org - Accès à l'article source

Lien vers article source : Les fondements philosophiques de la pensée de Carl Rogers | Cairn.info


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Rédacteur
Lucas DOLLINGER

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