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Auteur : Lucas D.

Aujourd'hui, je me propose de faire une synthèse des différents articles précédents sur la communication bienveillante et d'esquisser une définition de celle-ci.


Nous avons démarré par les Conférences Macy, qui ont eu lieu dans les années 1950. Cette succession de rencontres a permis de mettre en lien une pluralité de champs disciplinaires (économie, logique, anthropologie, psychologie, …) qui ont donné lieu à une étude de la communication au sens large. 

C'est sur ces rencontres que vont s'appuyer ensuite Shannon et Weawer (1948) pour établir un modèle de la communication. L'originalité de ce modèle majeur tient au fait qu'il tente d'expliquer le risque d'entropie dans un échange communicationnel, à savoir la modification du message entre un émetteur A et un récepteur B. C'est donc la qualité de l'information qui est en péril. 

Les mouvements de la première puis de la seconde cybernétique, héritage des conférences Macy mettent en valeur une notion fondamentale, celle du feed-back, notion présente dans tout système complexe, y compris la communication. Le feed-back est une information sur l'information, un retour à l'interlocuteur qui s'appuie sur ce qui a été vu, entendu précisément, en s'abstenant de tout jugement. Par exemple, si A décrit une fête à B, celui-ci peut faire le retour qu'il a entendu la description du décor et pas celle de la musique jouée. 
La notion de feed-back doit être imputée à un mathématicien, Norbert Wiener (1950). Plus tard, celui-ci développera la notion de double feed-back, l'effet d'un premier feed-back sur le système, notion à partir de laquelle il devient possible de donner une explication théorique à nos structures d'échanges conversationnels.

C'est de cela dont il est question dans la pragmatique et la grammaire générative de Noam Chomsky (1970). Celui-ci met en avant que fondamentalement le langage à une structure de surface et une structure profonde, c'est-à-dire une dimension explicite et une dimension implicite. Ainsi décrit, un échange conversationnel semble mettre en jeux des dimensions plus complexes qu'un simple passage d'informations d'un locuteur A à son interlocuteur B. 
La pragmatique est la manière dont les mots s'organisent les uns aux autres dans le cadre d'un échange conversationnel ; il apparaît nécessaire d'en maîtriser le code. Par exemple, lorsque je parle, la manière dont je vais ponctuer ma phrase va indiquer à mon interlocuteur si mon propos est une question ou une affirmation, et ainsi lui permettre de poursuivre l’enchaînement conversationnel selon ce code : une question appelle une réponse, une affirmation pose une sorte d'« état de fait ».

Dans la continuité de cette démarche, on retrouve les travaux du philosophe du langage Paul Grice. Son principe de coopération dans l'échange conversationnel est un essai à l'égard d'une communication plus efficiente, moins propice aux ambiguïtés d’interprétations. Autrement dit, une démarche dont l'objectif est d’éviter au maximum le parasitage du message communicationnel, et de préciser le code : la pragmatique comme support des échanges conversationnels.  Il énonce ainsi une série de maximes codifiant la manière dont le locuteur doit se positionner vis-à-vis de son interlocuteur lorsqu'ils conversent ensemble. Les implicites de ces maximes sont nombreuses ! 

Un virage dans cette recherche de définition de la communication bienveillante est effectuée avec un apport, issu des champs psychothérapeutiques, celle de l'« approche centrée sur la personne » de Carl Rogers (1930). Il serait tentant d'arguer que cela contraste de manière franche avec l'étude de la communication des articles précédents. De mon point de vue, cela serait en partie vrai, et en même temps je pense que l'on apprécie mieux les approches psychothérapeutiques qui sont le terreaux de la communication bienveillante lorsque l'on a en tête la complexité du langage dont j'ai tenté, aux travers ces articles, de vous faire apprécier la profondeur. 
Les apports de Carl Rogers (1940) avec le triptyque : empathie, congruence et regard positif inconditionnel vont dans ce sens. L'empathie consiste en la capacité à s'identifier dans le ressenti d'autrui, la congruence est la capacité à être en accord entre ce que l'on dit, ce que l'on fait et ce que l'on pense, et enfin, le regard positif inconditionnel est un regard qui ouvre à la position basse dans la relation.

Enfin, l'école de Palo Alto (1959) énonce ses principes : les langages digitale et analogique, autrement dit, les langage verbal et corporel ; le principe d'équifinalité, c'est-à-dire le sens de la communication et non le contenu ; le principe d'homéostasie qui définit la nécessité pour un système de tendre vers son état d’équilibre ; le principe de totalité avec la considération à l'égard de la communication et de son contexte d'énonciation, et enfin, le principe de réciprocité sur l'influence mutuelle des modèles du monde de chacun des inter-actants. 

Ces différents articles permettent d'établir des principes fondamentaux à une démarche de communication bienveillante :

  • On ne peut pas ne pas communiquer : tout est communication.
  • La communication se joue sur deux niveaux : le niveaux explicite et implicite.
  • La communication met en jeux des éléments connexes (connaissances mutuelles, contexte d'énonciation, tonalité, proxémie …).
  • La communication est vulnérable face à des éléments externes et internes.
  • Autrui et moi-même nous influençons mutuellement dans le cadre d'une communication.
  • J'ai ma part de responsabilité dans ma communication.
  • La démarche de bienveillance est issu de ma propre volonté.
  • Il existe des façon d'être dans la communication qui favorisent la posture de bienveillance (position basse, non-sachant, principe de coopération ….). 
  • L'être humain est vivant, à ce titre il peut être fatigable, maladroit, émotif, ... ; autrement dit la communication bienveillante n'est pas toujours possible. 

Il reste ainsi à chacun de s'approprier ou non ces principes afin de développer une posture de communication bienveillante au sein de ses échanges. 


Source·s :

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Rédacteur
Lucas DOLLINGER