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Comme un soleil d'automne, ses fleurs illuminent et cachent en profondeur un tubercule aux saveurs inégalées.


Le tournesol d'automne 

Connaissez vous Helianthus annuus? Mais si, vous le connaissez ! Il est plus connu sois le nom de tournesol ! Il y a de cela quelques siècles, des explorateurs ont mis la main sur un cousin d'Amérique, Helianthus  tuberosus, plus connu sous le nom de topinambour : au bout de la tige de cette fleur jaune comme un soleil d'automne, se cache un petit rhizome aux douces saveurs d'artichaut…

Il est vrai que les variétés cultivées ne fleurissent que très rarement, et que vous n'aurez sans doute que très rarement la chance de voir ses magnifiques inflorescences venir ensoleiller les champs, mais au fond,  l'essentiel est que sous cette beauté florale se cache un petit trésor, un tubercule qui, mis au rang de paria suite à son passé sombre lors de la seconde guerre mondiale, a été oublié ; mais si vous y goûtez, vos papilles ne l'oublieront pas !

Comme un artichaut d'hiver

Artichaut de Jérusalem, truffe du Canada, soleil vivace, autant de jolis petits noms dont cette plante vivace, de la famille des astéracées, s'est vu gratifier. C'est vrai, les fleurs sont comme un soleil, son aspect proche d'une truffe (plus proche du gingembre quand même !) et son goût est si proche de celui de l'artichaut que c'est à s'y méprendre. 

Le topinambour est un tubercule bien moins prisé que la pomme de terre (il paraitrait que Mr Parmentier  ait eu quelques préférences !), et pourtant il est un "féculent" qui n'a rien à envier à sa "sœur".

Contrairement à la pomme de terre, le glucide contenu dans le topinambour n'est pas l'amidon mais l'inuline ; ce glucide étant non assimilable par l'intestin grêle, cela lui confère un côté rassasiant sans influer sur la glycémie !

Il n'a pas froid aux yeux

C'est au mois de septembre que les fleurs nous émerveillent, pendant que sous la terre grandit le rhizome.

En octobre, on peut commencer à récolter le tubercule, mais sachez qu'il est bien au chaud en-dessous, et qu'il ne craint pas les premières gelées ! Les gelées de novembre non seulement ne lui font pas peur, mais le rendent meilleur ! (Ce n'est pas mon cas ! c'est au coin du feu que je vous parle le mieux de la beauté de l'hiver qui arrive !).

En effet, le goût du topinambour s'accentue avec les premiers froids, et sa saveur est bien plus agréable en fin d'automne ; si vous en avez dans votre jardin, il vous suffira de pailler vos plants mi-novembre pour l'aider à "mûrir " encore, voire donner le meilleur de lui même. 

Attention fragile!

Bien qu'il ne soit pas frileux, le topinambour ne reste pas moins fragile ; certes, il n'est guère sensible aux maladies, et ne craint pas non plus les prédateurs tels que les lapins, les chevreuils, ou autres campagnols, mais les limaces peuvent décimer une plantation entière !

Et une fois récolté, il est encore plus vulnérable ! Il ne se conserve que quelques jours au froid, et ramollit très vite, perdant son croquant et devenant amer ; alors l'idéal est de le cueillir au fur et à mesure de vos besoins. 

Si vous l'achetez sur les étals, choisissez-le donc bien ferme!

Erreur  sur la personne !

Le topinambour est un tubercule à la peau violacée, ou rougeâtre, et à la chair blanche, ou grisâtre. Il est cultivé essentiellement en France, Pays bas, Allemagne, dans des champs de plusieurs hectares. Il est cependant possible d'en avoir dans son jardin, mais attention ! Ne le confondez pas avec son autre cousin, l'helianti!!

Cette plante, aux feuilles plus ardues, pétiolées, donne un tubercule à la peau blanche, au corps plus allongé que le topinambour ; cependant, il est comestible et le goût est très proche de celui du topinambour.

Ça se mange! Mais pas que…

Nous l'avons vu, le topinambour a de grandes qualités  gustatives, mais il est utilisable dans beaucoup de domaines !

Le topinambour est une plante vivace, envahissante, très prolifique, simple à cultiver et avec un énorme rendement ; c'est grâce à ces qualités qu'il a pu sauver bien des êtres vivants de la famine pendant la guerre, mais il n'y a pas que le rhizome qui peut être utile !

Les fibres servaient à faire du papier, ses fleurs à colorer l'alcool, et sa tige est un excellent combustible !

Par ailleurs, vu son grand rendement sur tous genres de sols, la plante entière pourrait être utilisée pour la production du méthane ; sa biomasse lignocellulosique étant utilisable pour la fabrication de biocarburant !

Il y a encore quelques décennies, le topinambour était destiné à nourrir les animaux. Malgré ses actes de bravoure pendant la guerre, il a été oublié, il était temps de le voir reprendre sa place au devant de la scène, sur les meilleures tables, et pourquoi pas pour créer un carburant plus propre ! Aurait il vocation à sauver le monde, peu importe de quelle façon ? 

Alors, il est grand temps de cesser de l'oublier !


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Rédacteur
Raphaël CHARVET