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Vous connaissez l'histoire d'un fruit complètement secoué ?! Vous séchez ? Lui aussi !


Au sommaire :

L'histoire d'un voyageur

Venu de Chine, le prunier était déjà cultivé sur les côteaux de la Garonne du temps des Gaulois.

Connue depuis la plus haute Antiquité, la technique du séchage fut introduite en Gaule par les romains. Selon la légende, le prunier d'Ente, variété unique dont les fruits deviennent après séchage des pruneaux d'Agen, aurait été ramené de Damas. Il fut greffé à d'autres variétés françaises par des moines.

Les croisés qui avaient échoué lors de leur siège de Damas, ne revinrent qu'avec des prunes !! De là, vient l'expression : "Y aller pour des prunes" !! On l’appelle « pruneau d’Agen » car c'est bien du port d'Agen que partaient autrefois les embarcations vers Bordeaux puis le reste du monde. Le pruneau était un aliment favori des marins au 17è-18ès et des colons au 19ès, grâce à son aptitude à conserver ses qualités de fruit au cours de longs transports, il les protégeait du scorbut . 

La culture du prunier d'Ente a été installée au 19ès dans le nouveau monde. A partir de plants importés de la région d'Agen, elle a connu un grand succès en Californie, mais aussi en Afrique du Sud, en Australie, en Argentine et au Chili, pays devenus concurrents du pruneau d'Agen sur les marchés internationaux. Aujourd'hui la production mondiale de pruneaux se fait principalement en Californie (150 000 tonnes annuelles), en France (50 000 tonnes), et au Chili (45 000 tonnes). 

Seules les prunes récoltées, séchées et transformées, dans les 118 cantons de l’aire géographique délimitée dans le Lot-et-Garonne et ses départements voisins ont droit à l’appellation « pruneaux d’Agen ».

Le pruneau d'Agen 

Si le berceau du pruneau d'Agen est probablement Le Temple sur Lot, Dolmayrac commune voisine a certainement profité très tôt du développement de cette culture.  Il faut dire qu’elle était tout à fait adaptée au mode de production qui a prévalu jusqu’au milieu du XX siècle. 

Les exploitations étaient nombreuses et de petites surfaces. Les travaux agricoles s’effectuaient en famille. Il n’était pas rare que la maison abrite trois voire quatre générations. Le mode de culture était de la polyculture intensive afin d’utiliser au mieux les surfaces cultivables et de faire face aux aléas climatiques. En divisant les risques par le nombre de cultures, il était possible d’espérer un revenu.

C'est ainsi que souvent en bordure des quances (c'est le nom donné à une parcelle labourable  par un agriculteur,  en une seule journée, avec l'aide de 2 vaches garonnaises) étaient plantés un rang de vigne, mais également tous les 7 mètres un prunier d’Ente ou des pêchers.

Il existait aussi des vergers de pruniers d’Ente mais de petite surface. Il fallait pouvoir assurer le ramassage manuel et ensuite le séchage dans des fours chauffés au bois. C’est avec le développement de la mécanisation à partir du milieu du XX siècle et le remembrement des propriétés agricoles que la culture du prunier a changé. Sur la commune, les exploitations agricoles se sont spécialisées et notamment dans le domaine de la pruniculture, du fait des investissements nécessaires pour mener à bien cette culture : matériel de taille, de traitements, de ramassage et de séchage. Les surfaces de pruniers sur la commune avoisineraient les 100 hectares. Ce qui représente un volume de production de 450 tonnes soit 1% de la production de pruneaux d’Agen.


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Rédacteur
Raphaël CHARVET